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La nouvelle position de l’Espagne sur le Sahara occidental arrive à un moment curieux

L’Espagne s’empare du Sahara Occidental pour gagner les faveurs du Maroc

À la mi-mars, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a envoyé une lettre au roi du Maroc Mohamed VI, soutenant le projet de Rabat d’accorder au Sahara occidental l’autonomie sur ses affaires intérieures, tout en restant sous souveraineté marocaine. Cette décision a semblé être un départ brutal pour l’Espagne, qui a maintenu une position de neutralité prudente sur les efforts de son ancienne colonie pour obtenir son indépendance du Maroc pendant près de 47 ans.

Le palais royal marocain a récemment publié une lettre dans laquelle l’Espagne a déclaré qu’elle soutenait le désir du Maroc de faire du Sahara occidental sa province comme « la voie la plus sérieuse, la plus réaliste et la plus crédible » pour résoudre le conflit de 46 ans dans la région.

De nombreux Sahraouis considèrent leur terre comme une nation indépendante. Mais Rabat insiste sur le fait qu’il fait partie du Maroc.

L’Espagne a contrôlé le Sahara occidental jusqu’en 1976, après quoi le Maroc et la Mauritanie l’ont revendiqué comme le leur. La Mauritanie a par la suite abandonné sa demande.

La lettre publiée par Rabat suggère que l’Espagne se retire d’une proposition des Nations Unies de 1991 de laisser les Sahraouis décider de leur statut par un référendum. L’Espagne avait traditionnellement soutenu cette proposition. Au cours des 30 dernières années, l’effort international pour résoudre le conflit s’est concentré sur la préparation du territoire et des parties en conflit pour un tel référendum.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré que les derniers développements ouvrent une « nouvelle étape » pour les relations de son pays avec le Maroc, qui sont tendues depuis des années.

Lorsque le ministère marocain des Affaires étrangères a finalement rendu public le soutien de Sanchez, cela a provoqué un tollé en Espagne centré sur deux questions principales. Premièrement, cela constitue-t-il vraiment un changement politique majeur pour l’Espagne, étant donné qu’elle n’a jamais explicitement exclu le plan d’autonomie marocain lancé pour la première fois en 2007. Deuxièmement, pourquoi maintenant, à un moment où la plupart des pays européens se démènent pour trouver des alternatives aux ressources naturelles russes. ravitaillement en gaz ? Cette décision a provoqué la colère de l’Algérie, qui soutient depuis longtemps le mouvement indépendantiste du Sahara occidental, le Front Polisario, et est le plus grand fournisseur de gaz naturel de l’Espagne.

Cette décision inattendue a ouvert une crise avec l’Algérie, principal fournisseur de gaz de l’Espagne. Traditionnellement alliée des Sahraouis, l’Algérie a rappelé son ambassadeur à Madrid après avoir qualifié la décision espagnole de « trahison historique ». La ville algérienne de Tindouf abrite près de 175 000 réfugiés sahraouis et est la base des opérations du Frente Polisario, le mouvement de libération du Sahara occidental.

L’Espagne a plus que jamais besoin du gaz algérien, alors que l’Europe cherche des alternatives au gaz russe pour éviter de financer l’invasion de l’Ukraine. La volte-face de l’Espagne sur le Sahara Occidental pourrait réduire le flux de gaz en provenance d’Algérie, exacerbant la crise énergétique imminente mais, en même temps, le pari du gouvernement espagnol semble être qu’en achetant plus de gaz comme promis, les Algériens détourneront le regard.

En Espagne, la question de tout le monde est : « pourquoi maintenant ? Mais, finalement, l’Espagne ne fait que raccommoder un vieil ami avec qui elle partage la tendance à revendiquer des terres autonomes. L’Espagne et le Maroc sont dirigés par des maisons royales qui ont entretenu des liens étroits pendant des décennies avant que le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez – qui est arrivé au pouvoir en 2018 – n’aggrave les relations lorsqu’il n’a pas rendu visite au roi marocain Mohamed VI.

Pendant des décennies, Rabat a joui du privilège symbolique d’être la destination de la première visite officielle étrangère de chaque nouveau dirigeant espagnol.

Entre-temps, les relations entre le Maroc et l’Algérie se dégradaient. En août, Alger a rompu ses relations bilatérales avec Rabat en raison du différend sur le Sahara occidental et des craintes que le Maroc poursuive son hégémonie sur la région.

L’accord entre le Maroc et l’Espagne doit encore être confirmé par le Premier ministre espagnol. Il n’a été rendu public que par le Maroc. Mais Albares, qui le défend, suggère que l’Espagne a peut-être reçu l’assurance marocaine sur le contrôle des frontières et l’acquiescement à ses revendications sur Ceuta, Melilla et les eaux des îles Canaries.

Sahara marocain: Rachida Dati salue la décision espagnole

Les réactions sur la décision espagnole concernant l’autonomie du Sahara continuent de tomber. Après les universitaires et les politiciens, Rachida Dati, l’ancienne Garde des Sceaux et maire du 7ème arrondissement de Paris commente cette information importante.

Rachida Dati a salué la décision espagnole qui soutient le plan d’autonomie du Sahara marocain. « La solution proposée par le Maroc en 2007 est la seule option pertinente, sûre et viable pour assurer notre sécurité, tant au Maroc qu’en Europe. Toute autre proposition serait irresponsable, voire dangereuse » précise la responsable d’origine marocaine dans un communiqué.

L’ancienne garde des Sceaux précise qu’ »il est temps de mettre fin à ce problème épineux qui a trop perduré. Cette proposition du Maroc est dans l’intérêt de la stabilité africaine et européenne. Le Maroc doit avoir toute notre confiance ».

Le gouvernement français a également réitéré lundi son soutien au plan d’autonomie du Maroc. Soulignant l’importance du dialogue, le gouvernement français a exprimé sa volonté de continuer à soutenir le processus politique mené par l’ONU pour trouver une solution convenue et mutuellement acceptable au conflit dans la région.

Pour rappel, Rachida Dati a été ministre de la Justice dans le premier gouvernement du président Nicolas Sarkozy en 2007, poste qu’elle a quitté deux ans plus tard pour se consacrer à la vie municipale parisienne, compatible avec un siège au Parlement européen entre 2009 et 2019.

Aux dernières élections municipales, tenues l’an dernier, elle a été battue dans sa course à la mairie de Paris par la socialiste Anne Hidalgo, bien qu’elle ait maintenu son poste à la tête du 7e arrondissement, dont elle est maire depuis 2008.

 

Publié le 05/04/2022

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